How to Make Global Art: A Lecture

March 5th, 2009


How to Make Global Art from Audrey Chan on Vimeo.

“How to Make Global Art: A Lecture” (2009) is a Power Point lecture in English with French subtitles by Audrey Chan originally presented at the symposium, “Où les mondes se touchent” (”Where Worlds Meet”), at the École des Beaux-arts de Nantes in France on March 4, 2009. The lecture was inspired by Allan Kaprow’s recording “How to Make a Happening” (1966). Translation by: Benjamin-James Marteau, Estel Fonseca, and Emmanuelle Chérel.

(Follow the jump for the English and French texts.)

ENGLISH

This is a lecture on how to make global art. There are 8 rules of the game.

1. Global art is vital because it helps us understand the diverse and interconnected world in which we live. Global art is a curatorial premise that favors artists from non-Western backgrounds who have learned to adopt the prevailing fashions of the mainstream avant-garde while unconsciously (or consciously) participating in the manufacture of their own culturally-determined identities. That being said, everybody has the potential to be a global artist.

2. As a global artist, you are an inherently curious individual and a citizen of the world. And as a global artist, work with the powers around you, not against them. For instance, if you’re a global artist in a first-world country, act like it. Show the little guy who’s boss and blame him for all your problems. If you’re a global artist in a third-world country, act like the little guy and blame the big guy for all of your problems. If you’re a global artist in a second-world country, you are highly relevant but your art is probably boring.

3. Figure out what people want from global art. The most appealing global art presents a contemporary representation of the noble savage while acting as a post-modern apologia for crimes of humanity committed by our fathers’ fathers. Figure out whether or not you give a shit about history. Then tell people about your personal revelations.

4. The place you’re in is not necessarily as global as the places other people are in. But you can make global art by mixing up your art with exotic situations. Go to strange lands where you can experience the hypnotic alienation of the foreigner. But during your travels, remember: global artists are never tourists. Unlike tourists, global artists maintain their criticality wherever in the world they may go.

5. Global art is not about making new friends. Global art is about keeping others at a critical distance in order to examine them and remark upon their tragic post-colonial condition of alterity. Whether or not the subjects consider their condition tragic or whether or not they consider their condition a “condition” is beside the point.

6. Learn Chinese. China’s future dominance on the world stage is imminent. And Chinese contemporary artists already have the global art game figured out. Here’s how it goes: First, situate yourself in a post-revolutionary political context. Second, exaggerate the ethnic features you possess. Third, hire cheap labor to manufacture your work. Finally, sell your artwork at auction.

7. As a global artist, you are your own best natural resource. If you’re short on cash and can’t pay the rent, prostitution’s always an option. There are plenty of people with money, you just need to make yourself available. The global economy of art is not set up to benefit the individuals who make the art. If you insist on being one of these individuals, just remember to bring lubrication.

8. Global art is for those who want to be involved, globally. You can spread your art all around the globe whenever you want. But the point is that there’s lots of art somewhere else, which all the smart people prefer because they think it’s more global than your art. But global artists have a plan, they go ahead, and carry it out. To use an old expression, they don’t just make the global scene, they ravish it.


FRANÇAIS

Voici une conférence consacrée à la question suivante : Comment faire un art mondial ? Il y a 8 règles du jeu.

1. L’art mondial est vital parce qu’il nous aide à comprendre la diversité et les interdépendances du monde dans lequel nous vivons. L’art mondial est un concept inventé par des commissaires qui défendant des artistes non-occidentaux ayant intégrés les courants de l’avant garde occidentale : des artistes qui participent ainsi inconsciemment (ou consciemment) à la construction de la détermination de leurs propres identités culturelles. Cela dit, chacun peut être un artiste mondial !

2. En tant qu’artiste mondial, vous êtes curieux de nature et vous êtes un citoyen du monde. Et en tant qu’artiste mondial, vous tirez profit de votre position dans le monde. Par exemple, si vous êtes un artiste mondial des pays du nord, assumez-le. Montrez que vous êtes le maître et faites subir aux autres tous vos problèmes. Si vous êtes un artiste mondial du pays du sud, comportez-vous comme le victime et faites subir au maître tous vos problèmes. Si vous êtes un artiste mondial des P.E.D (pays en voie de développement), vous êtes à la mode mais votre art est sûrement chiant.

3. Analysez ce qu’attendent les gens d’un art mondial. Le plus séduisant dans art mondial est qu’il donne à voir une représentation contemporaine du bon sauvage et qu’il se présente aussi comme une apologie postmoderne des crimes de l’humanité commis par les pères de nos pères. Déterminez si vous vous foutez ou non de l’Histoire. Alors, vous pourrez exprimer vos propres révélations.

4. Votre situation n’est pas forcément plus mondiale que celle des autres. Mais vous pouvez rendre mondiale votre art en l’associant à des expériences exotiques. Allez vers des terres inconnues où vous pouvez faire l’expérience de l’aliénation hypnotique de l’étranger. Mais durant vos voyages, souvenez-vous : les artistes mondiaux ne sont pas des touristes. Contrairement aux touristes, les artistes mondiaux maintiennent leur capacité critique où qu’ils aillent.

5. Il n’est pas question de se faire de nouveaux amis dans l’art mondial. Il s’agit de considérer les autres d’un point de vue critique pour les interroger et observer leur tragique condition d’altérité postcoloniale. Ou bien les gens considèrent leur condition tragique, ou ils considèrent que leur condition en tant que contraintes en vaut la peine.

6. Apprenez le chinois. La domination de la Chine au devant de la scène économique mondiale est imminente. Et une grande partie des artistes contemporains chinois ont déjà compris les règles du jeu de l’art mondial. Cela fonctionne ainsi : Premièrement, situez-vous dans un contexte politique postrévolutionnaire. Deuxièmement, exagérez vos qualités ethniques et culturelles. Troisièmement, engagez des travailleurs bon marché pour produire vos œuvres d’art. Pour finir, vendez vos œuvres d’art aux enchères.

7. Entant qu’artiste mondial, vous êtes votre propre ressource naturelle. Si vous êtes à court de tune et que vous ne pouvez pas payer votre loyer, la prostitution reste une option. Beaucoup de gens ont l’argent, dont vous avez besoin pour vous rendre disponible. L’économie globale de l’art n’est pas conçue pour que les artistes en bénéficient. Si vous persistez à être l’un d’entre eux, n’oubliez pas votre vaseline de secours.

8. L’art mondial est pour ceux qui veulent être impliqués mondialement. Vous pouvez répandre votre art tout au tour du monde quand vous le voulez. Mais, le fait est qu’il y a ailleurs, beaucoup d’art, que l’intelligentsia préfère parce qu’elle pense qu’il est d’avantage mondial que le vôtre. Pourtant, n’oubliez pas, les artistes mondiaux ont un objectif, ils vont de l’avant et ils concrétisent. Autrement dit, ils ne font pas seulement un art mondial, ils le provoquent.

(Traduction : Benjamin-James Marteau, Estel Fonseca, Emmanuelle Chérel)

One response

  1. Marco Milone comments:

    Interesting post!

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